Camus, l’art de la révolte d’Abd Al Malik : une esthétique à la croisée des cultures

Anicette Quenum

Abstract


S’il y a un dénominateur commun aux textes de la négritude, c’est ce cri de révolte dont les lointains échos continuent de se répercuter dans la littérature contemporaine ; c’est cette revendication passionnée d’une nature et d’une culture nègres ; cette angoisse de l’homme noir conscient d’être écartelé entre deux mondes. Les tentatives de dépassement et les efforts d’accommodement n’ont pourtant pas manqué. On se souvient notamment de ce désir d’ouverture à l’universel qui poussa les poètes de la négritude en quête de reconnaissance à trouver dans les préfaces de quelques maîtres occidentaux, une plume secourable. Ainsi Pigments de Léon Gontran Damas, le Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire, et l'Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de Léopold Sédar Senghor furent respectivement préfacés par Robert Desnos, André Breton et Jean-Paul Sartre. Mais ces grandes voix, se sont tues, et au nombre de celles qui assurent la relève, celle d’Abd Al Malik résonne comme une forme de symbiose culturelle et spirituelle entre l’Afrique et l’Occident. Ayant découvert Camus, il réalise qu’on ne peut être artiste et demeurer en permanence dans la révolte. D’où la nécessité, selon lui de transmuer cette révolte en une forme esthétique. Là réside, semble-t-il, une problématique du paradigme Afrique-Occident qui convoque la poétique transculturelle préconisée par Josias Semujanga.


Keywords


Esthétique transculturelle, Esthétique transgénérique, Esthétique de la révolte, Écriture polymorphe, Morale et révolte, Morale de la révolte.

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